LE DIEU RAO

 

Archipel des îles Gambier – île de Mangareva

 

Le 22 novembre 1833, les pères « Jean Chrysostome Liausu », « Honoré Lava »l et « François d'Assise Caret » partent de Hawaï pour les îles Gambier, où ils arrivent le 7 août 1834. Ils appartiennent à la mission d’évangélisation de la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie et de l'Adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacrement de l'autel, dite plus couramment congrégation des Sacrés-Cœurs.

 

En 1836, le roi de l’île se convertit. A cette même date,  les pères et François d'Assise Caret envoient une caisse à l’abbé Coudin, supérieur général de la Société de Picpus, contenant plusieurs sculptures des îles Gambier. A l’intérieure sont déposées les «  dépouilles du démon », quelques idoles sauvées de la destruction (l’autodafé) organisée par les pères installés dans l’île et qui sont envoyées à Paris en gage de la conversion des peuples.

 

 

La statut « numéro 3 » porte le nom de « RAO ». Il est présenté comme le dieu de la passion honteuse : «  c’est à lui qu’était consacré une plante appelée Ranga (le curcuma), dont la fleur est jaune, et d’une odeur très pénétrante. Les jeunes portaient des tapas colorés en jaune avec cette fleur, durant les jours de débauche. »

 

 

C’est pour cette raison que RAO est désigné comme le dieu du vice.

 

 

Cette sculpture, l’une des plus célèbres de l’art océanien, est paradoxalement la moins connue. En effet, son identité et son histoire reposent sur les seules lignes écrite par le père Caret et le chiffre « 3 » inscrit en évidence au dos du dieu RAO.

 

 

En 1838, l’ensemble de la population deviendra catholique. ,

Les pères et religieuses des Sacrés-Cœurs de Picpus Mgr Etienne Rouchouze est nommé Vicaire Apostolique de ce vaste territoire. C’est des Gambiers que partent les missionnaires des pères des sacrés-cœurs pour les autres archipels: le 20 novembre 1836, ils arrivent à Tahiti; le 15 août 1838 ils arrivent aux îles Marquises et, le 19 mai 1849, ils arrivent aux Tuamotu (atoll de Faaite).

 

 

La rue de Taïti dans le quartier de Picpus, 12e arrondissement de Paris conserve le souvenir d’un établissement de cette Congrégation qui s'y trouvait et était destiné aux missions à effectuer à Tahiti.